Plusieurs dieux sous un même toit
Un temple chinois est souvent moins une religion unique qu'une réunion de plusieurs. Un temple taoïste comme Wong Tai Sin à Hong Kong ou le temple du Dieu de la ville de Shanghai peut partager ses autels avec des figures bouddhistes, et les temples dédiés à Mazu, la déesse de la mer, comme A-Ma à Macao, Thian Hock Keng à Singapour et Thien Hau à Hô Chi Minh-Ville, accueillent une douzaine d'autres divinités. Les temples confucéens sont encore différents : des salles paisibles vouées à l'étude et aux rites ancestraux, comme le temple de la Littérature à Hanoï et le temple de Confucius à Qufu. Tous accueillent les visiteurs.
Que porter et qu'emporter
Les codes vestimentaires sont souples en Chine, à Hong Kong et à Taïwan : le temple Man Mo, le temple Longshan de Taipei et le Temple du Ciel n'en ont aucun. Au Vietnam et en Asie du Sud-Est, on attend des épaules et des genoux couverts, comme au Thian Hock Keng, au Cheng Hoon Teng de Malacca et dans les temples de Hanoï, et l'on se découvre devant les autels de Ngoc Son et de Quan Thanh. En général, on garde ses chaussures, mais au Bach Ma de Hanoï, on peut vous demander de les retirer avant l'autel intérieur.
En Chine continentale, ayez votre passeport sur vous. Le Temple du Ciel vend ses billets en ligne avec enregistrement nominatif et contrôle le passeport à l'entrée, et le temple des Ancêtres impériaux de Pékin le demande également. De nombreuses billetteries attendent un paiement par des applications mobiles chinoises, si bien que les visiteurs qui n'en disposent pas achètent souvent auprès de revendeurs qui délivrent un billet à QR code.
Seuils et portes
Les portes des temples comportent un seuil surélevé en bois ou en pierre, qu'il faut enjamber sans jamais marcher dessus ; poser le pied sur la barre est jugé irrespectueux. Le Cheng Hoon Teng de Malacca le rappelle aux visiteurs dans sa propre notice, et au Thian Hock Keng, on enjambe un seuil élevé gardé par des lions de pierre et des dieux de porte peints. La porte centrale d'un pavillon est souvent réservée aux dieux et aux cérémonies : utilisez donc les portes latérales lorsqu'elles sont ouvertes.
Encens et offrandes
L'encens est la principale offrande. Les fidèles tiennent trois bâtonnets à hauteur du front, s'inclinent vers l'autel principal et les plantent dans le grand brûle-parfum de la cour. Vous êtes libre d'en faire autant, mais utilisez l'encens vendu ou offert par le temple et les brûle-parfums prévus à cet effet, comme le demande Wong Tai Sin. À Man Mo et à A-Ma, d'immenses spirales pendent des plafonds, chacune brûlant pendant des jours avec l'étiquette de prière d'une famille ; ne restez pas juste en dessous, car elles laissent tomber de la cendre. Les dons vont dans les troncs à l'intérieur, et à Man Mo, ils soutiennent une œuvre caritative hospitalière.
Bâtonnets et blocs divinatoires
Deux formes de divination sont omniprésentes. Avec le kau chim, la pratique qui attire les foules à Wong Tai Sin, les fidèles s'agenouillent et secouent un cylindre de bambou rempli de bâtonnets numérotés jusqu'à ce que l'un d'eux tombe, puis portent le numéro à un diseur de bonne aventure pour l'interpréter. Avec les blocs lunaires, ces paires de jiaobei en forme de croissant que vous verrez au temple Longshan de Taipei, on pose une question puis on lance les blocs, et leur façon de retomber donne un oui ou un non. Les visiteurs peuvent essayer les deux, mais ne passez jamais devant une personne agenouillée avec les bâtonnets.
Photographie
La photographie est généralement autorisée dans les temples chinois, notamment à Man Mo, au Thian Hock Keng et au Cheng Hoon Teng, mais sans flash et sans viser les personnes en prière. Ne touchez ni les autels ni les statues, et parlez à voix basse près des fidèles. Au temple de la Littérature de Hanoï, les stèles de pierre posées sur leurs tortues sont protégées par des cordons et ne doivent pas être touchées, et d'avril à juin, les jeunes diplômés en toge et en toque qui posent pour des photos font partie du décor.
Fêtes et meilleurs moments
Le petit matin est le meilleur moment presque partout, lorsque les employés de bureau s'arrêtent pour allumer de l'encens avant le travail et que les cours sont fraîches, comme au Thian Hock Keng et au Cheng Hoon Teng. Au Temple du Ciel, le parc ouvre vers 6 h, et entre 6 h 30 et 9 h, il appartient aux Pékinois qui pratiquent le tai-chi, dansent et chantent. Le Nouvel An chinois amène les grandes foules : à Wong Tai Sin, des dizaines de milliers de personnes font la queue la veille du Nouvel An pour planter le premier encens de l'année. Le premier et le quinzième jour de chaque mois lunaire sont également très fréquentés.
Erreurs fréquentes
Les erreurs typiques consistent à marcher sur les seuils, à franchir directement une porte centrale fermée, à se placer devant quelqu'un agenouillé en prière, à mettre l'encens dans le mauvais brûle-parfum et à grimper sur les lions de pierre pour une photo. Il arrive aussi que des visiteurs traitent un temple populaire animé comme un musée et se promènent derrière les autels. Une attitude discrète, une distance respectueuse vis-à-vis des fidèles et un petit don sont la meilleure des politesses.